Commencer le qigong ne demande ni souplesse, ni condition physique, ni matériel : un mouvement lent, une respiration consciente et un peu d'attention, deux à cinq minutes par jour. Les études suggèrent qu'environ trois séances par semaine suffisent pour en ressentir les effets — à tout âge, y compris en convalescence.
Devant le qigong, les hésitations sont souvent les mêmes : « Je ne suis pas assez souple », « Je n'ai aucune coordination », « Ce n'est pas trop spirituel, ce genre de chose ? » On imagine des postures impossibles ou une pratique réservée à quelques initiés.
La réalité est beaucoup plus simple. Le qigong ne demande ni souplesse de gymnaste, ni performance, ni croyance particulière. Il demande une chose : un peu d'attention disponible. J'ai vu des gens commencer à 30 ans comme à 75, en pleine forme ou en convalescence. Le point de départ vous appartient.
Qu'est-ce que le qigong, au juste ?
Le qigong (气功) est une pratique corps-esprit issue de la tradition chinoise, vieille de plusieurs siècles. Le mot associe qi — le souffle, l'énergie vitale — et gong — le travail, la culture patiente. Concrètement, c'est la rencontre de trois choses toutes simples : un mouvement lent, une respiration consciente, et une attention posée sur ce que l'on fait.
Dans la lecture traditionnelle chinoise, on dit que cette pratique « cultive et fait circuler le qi ». On peut aussi le vivre de façon très concrète, sans aucun vocabulaire : des gestes doux qui délient le corps, un souffle qui ralentit, un esprit qui se rassemble. Le tai-chi, que l'on connaît mieux en Occident, en est une forme apparentée — une séquence martiale ralentie et rendue fluide.
Une pratique accessible à presque tout le monde
C'est ce qui me plaît le plus à transmettre : le qigong s'ajuste à la personne, pas l'inverse.
- Aucune souplesse requise. Les mouvements sont lents, courbes, sans à-coups. On travaille dans une amplitude confortable, jamais dans la douleur.
- Aucun matériel. Un peu d'espace, des vêtements souples, c'est tout.
- Toutes les positions. La plupart des pratiques peuvent se faire debout, mais aussi assis ou même allongé — utile quand l'énergie ou la mobilité sont limitées.
- Aucune performance. On ne compte pas de répétitions à battre, on ne « réussit » pas un mouvement. On le ressent, simplement.
Le qigong ne récompense pas l'effort spectaculaire. Il récompense la régularité tranquille — quelques minutes, souvent, plutôt qu'une longue séance de temps en temps.
Ce que la recherche en dit
Le qigong et le tai-chi font partie des pratiques corps-esprit les plus étudiées. Sans en faire un remède à quoi que ce soit — ce n'en est pas un —, il est honnête de dire que la littérature scientifique est encourageante, surtout lorsque la pratique est régulière.
Les données les plus solides concernent l'équilibre : chez les personnes âgées, une pratique régulière du tai-chi est associée à une réduction marquée du risque de chute — une méta-analyse de 18 essais randomisés (près de 3 800 participants) rapporte de l'ordre de 20 à 30 % de chutes en moins (BMJ Open, 2017). Des effets sont aussi documentés sur la régulation du stress, l'humeur, la qualité du sommeil et le bien-être général. Fait rassurant pour une pratique douce : les revues ne rapportent essentiellement aucun effet indésirable grave.
Un ordre de grandeur revient souvent dans les études : viser environ trois séances par semaine pour ressentir les bénéfices. Bonne nouvelle — quelques minutes quotidiennes comptent davantage qu'une longue séance isolée.
Par où commencer
Voici ce que je conseille à quelqu'un qui part de zéro.
- La régularité avant la durée. Deux à cinq minutes par jour valent mieux qu'une heure une fois par mois. Choisissez un moment fixe — au lever, ou en transition avant le souper.
- Commencez par le souffle et l'ancrage. Avant toute séquence compliquée, il suffit de se tenir droit, genoux souples, et de laisser la respiration devenir lente et profonde. La posture de l'arbre est un excellent premier exercice : immobile, quelques minutes, rien d'autre.
- Un mouvement à la fois. Inutile d'apprendre une forme complète tout de suite. Un seul geste, bien habité, apprend déjà beaucoup.
- Idéalement, accompagné au début. En groupe ou guidé, on prend les bons repères et on garde le fil plus facilement — c'est d'ailleurs ce que montrent les études sur l'assiduité.
Une note de prudence, simplement : si vous vivez avec une condition de santé particulière (grossesse, tension mal contrôlée, période post-opératoire), parlez-en d'abord à votre médecin. Le qigong s'adapte, mais votre suivi reste la référence.
Le qigong dans ma pratique
J'ai été formé comme instructeur de qigong et je pratique le tai-chi depuis de nombreuses années. C'est une pratique qui m'accompagne au quotidien, et que j'aime transmettre parce qu'elle rend à chacun quelque chose de concret : un moyen simple de revenir dans son corps et de calmer le rythme.
Je donne un cours hebdomadaire de qigong et de tai-chi à Terrebonne, ouvert à tous les niveaux, en petit groupe. Et lorsque c'est pertinent, j'intègre quelques mouvements adaptés à une consultation naturopathique — pour repartir avec une pratique qui tient dans votre vie réelle.
Commencer le qigong ne demande pas de tout comprendre d'avance. Il suffit de se tenir debout, de respirer, et de bouger un peu plus lentement que d'habitude. Le reste vient avec le temps.


